« Extraits de l’interview avec Frederic Chardon de La Libre ce 27/6 »

29 jun 2020

Nous sommes en train de travailler au contenu idéologique du MCC et à son redéploiement.

Dans le cadre de cette réflexion, nous nous sommes bien rendu compte de l’urgence sociale actuelle.

Un exemple m’a particulièrement frappée. Un membre de l’exécutif du MCC est actif dans une plateforme de
redistribution alimentaire à Namur. Il m’a expliqué que le nombre de personnes aidées a explosé et
est de plus de 8 000 personnes, dont des indépendants, des pensionnés…

Il faut trouver des moyens plus justes de répartir la richesse collective.
Les grosses sociétés, dont le siège social n’est pas en Belgique et qui échappent à l’impôt, les multinationales comme Netflix, Google, devraient être obligées d’injecter une partie de leurs capacités financières dans l’économie de notre pays.

Le MCC apporte une touche plus “sociale” au MR ? La quasi-totalité des membres du MCC vient de l’extérieur du MR, des mouvements personnalistes et chrétiens, et a effectivement une fibre plus sociale. Ils ont été attirés par autre chose, le MCC complète bien l’action du MR qui est vu comme le parti qui se préoccupe du développement économique et s’adresse aux chefs d’entreprise.

Si nous voulons rassembler largement au centre droit de l’échiquier francophone, le MR et le MCC sont complémentaires. Il y a 22 ans, lorsque la fédération PRL-FDF-MCC a été constituée, l’idée était de faire jeu égal avec le PS, voire à le dépasser.

Cet objectif stratégique est toujours bien présent. Pour que le MR atteigne 30 % comme le souhaite notre président Georges-Louis Bouchez, le MCC avec sa sensibilité, sa nature profondément associative et en lien avec le milieu associatif, sera un élément essentiel.

En toile de fond, l’idée est donc d’aller chercher l’électorat du CDH aujourd’hui, comme celui du PSC hier. C’est l’idée du rassemblement, mais pas du débauchage. Il y a eu des épisodes malheureux qu’il faut laisser dans le passé. Il s’agit aujourd’hui d’être attractif grâce à du contenu, à un discours, à une force de frappe.

Puisque le paysage politique se morcelle, nous avons intérêt à nous rassembler. Je reste sur la ligne fixée par Gérard Deprez, elle est fondamentale pour les années à venir, ne serait-ce que pour pouvoir constituer plus facilement des majorités gouvernementales. Nous voulons attirer des personnes qui auraient le même projet que le nôtre. Je souhaite aussi ramener au MR certains électeurs qui étaient passés chez Écolo.

Comment expliquez-vous que ce projet de grand rassemblement avec le PSC puis avec le CDH ait toujours raté ?
Quelle alchimie ne s’est pas produite ? Lorsque Gérard Deprez quitte le PSC, qui se transforme alors en CDH, sous la conduite de Joëlle Milquet, l’orientation était plus à gauche qu’aujourd’hui. Forcément, le grand mouvement de centre droit que nous proposions ne correspondait pas à la ligne politique retenue par la présidente d’alors.

Est-ce que les choses ont évolué ? Certainement.

Est-ce que le MCC a une voix particulière au sein du MR sur les dossiers éthiques ? Par exemple, sur la question de la prolongation du délai légal pour demander l’IVG ? Je suis contre cette prolongation, je le dirai fortement lorsque le dossier reviendra. J’ai déjà dit au sein du MR et du groupe parlementaire fédéral que je voterai contre.

La liberté de vote sur les questions éthiques est fondamentale pour nous.