Stop au crime contre la biodiversité !

23 Juin 2020

Trafic illégal de viande sauvage : stop au crime contre la biodiversité

Quand on parle de viande sauvage ou plus spécifiquement de brousse, il s’agit par exemple des antilopes, des singes, des pangolins et de différentes espèces de reptiles.

Une partie de la chasse reste liée à la consommation par les populations locales, mais une autre est imputable à la demande croissante des marchés urbains, y compris à l’international.

Le trafic de viande sauvage est un crime non seulement pour la survie des centaines d’espèces menacées d’extinction et de leur écosystème, mais aussi pour les êtres humains. En effet, l’exploitation intensive et illégale des espèces animales, conjuguée à la déforestation et la destruction de l’habitat, favorise une plus grande proximité entre l’homme et la faune sauvage et favorise la propagation d’agents pathogènes.

L’arme dont nous disposons au niveau international et européen est la convention CITES (La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction). Elle connaît divers niveaux de protection pour plus de 35.000 espèces, qu’elles soient commercialisées sous la forme d’animaux ou de végétaux vivants ou morts, de produits ou de dérivés. La force de cette convention est de compter un grand nombre de membres, avec actuellement 183 parties à la convention.

En Belgique j’ai constaté que les moyens humains au service de cette convention étaient largement insuffisants.
En 2017, j’ai débloqué le budget nécessaire afin de porter l’équipe d’inspecteurs et de contrôleurs à 8 personnes, contre une seule personne à temps plein et une à mi-temps auparavant.

Une étude réalisée par le SPF Santé Publique en 2018 évaluait à 4 tonnes les quantités de viande de brousse illégalement importées tous les mois par des passagers en provenance de la région sub-saharienne qui transitaient par l’aéroport de Zaventem.

Ce rapport mettait aussi en évidence les risques pour la santé avec l’importation d’agents pathogènes.
Afin d’agir concrètement, j’ai donc proposé à mes collègues européens de marquer leur soutien à la mise en place d’un mécanisme européen de surveillance du trafic illicite de viande de brousse.

C’est aussi dans ce cadre que je soutiens pleinement le projet pilote du Parlement européen porté par la députée Frédérique Ries. Ce projet permettra la mise en place d’une large étude du phénomène et de ses conséquences.
Notre lutte contre le phénomène est-elle assez efficace ? Nous manquons par exemple de données récentes sur les routes utilisées par le crime organisé pour faire transiter cette viande. Mais aussi sur les relations qu’entretiennent les différents groupes entre eux. Et nous devons aussi mieux appréhender les conséquences du phénomène sur la biodiversité et sur l’exportation d’agents pathogènes.

En fonction des résultats de cette étude nous développerons de nouveaux outils qui permettront de mieux traquer ce crime contre la biodiversité. Par exemple en développant des outils de détection issus des nouvelles technologies ou encore en renforçant les lois européennes et la coopération entre les Etats membres.