L’Indonésie : le premier pays à adopter le plan d’action FLEGT

18 Jan 2017

Climat

Mettre un terme à la déforestation d’ici à 2020,
promouvoir la gestion durable de tous les types de forêt,
restaurer les forêts dégradées,
accroître considérablement le boisement et le reboisement au niveau mondial :
ce ne sont que quelques cibles d’un des objectifs du développement durable – l’objectif 15 – qui ont été adoptés aux Nations Unis à New York en septembre 2015.

Excellence,
Monsieur Daniel Calleja Crespo
Mesdames et Messieurs,
En tant que Ministre en charge de l’Environnement et du Développement durable, une des missions qui me tiennent à cœur est de participer à l’implémentation des SDG’s (Sustainable development goals). Et c’est donc un grand plaisir, de pouvoir participer à cette cérémonie aujourd’hui, organisée par l’ambassade d’Indonésie – je remercie d’ailleurs particulièrement Monsieur l’Ambassadeur Monsieur Yuri O. Thamrin de m’avoir invitée.

Cette cérémonie autour des premiers lots de bois FLEGT en provenance de l’Indonésie est une bonne occasion de rappeler encore une autre cible de l’objectif 15 des SDG’s :
garantir, d’ici à 2020, la préservation, la restauration et l’exploitation durable des écosystèmes terrestres, des écosystèmes d’eau douce et des services connexes,
en particulier, les forêts, les zones humides, les montagnes et les zones arides,
et ceci conformément aux obligations découlant des accords internationaux ;

Mesdames et messieurs,
Faut-il le répéter ? Un quart des terres de la planète est recouvert de forêts. Et comme nous le savons tous, les forêts sont extrêmement précieuses, non seulement pour le bois qu’on y trouve, mais également pour la faune et la flore qu’elles abritent.

C’est clair : la déforestation est un problème majeur pour la survie de la planète.
La surexploitation des ressources naturelles, provoque des dégâts irrémédiables avec des impacts, directs et indirects souvent tragiques, sur la faune, la flore, mais aussi sur les populations.

Et bien, certaines en pâtissent : la disparition progressive des orangs-outans est un exemple très parlant. Le développement des monocultures d’huile de palme en Indonésie et en Malaisie engendre une déforestation massive, et réduit d’autant l’habitat naturel de ces primates, qui en moyenne ont besoin chacun de 1500 hectares de forêt pour vivre normalement. Je ne peux que me réjouir donc de l’Accord Volontaire de l’Indonésie, dont nous célébrons aujourd’hui la mise en œuvre, et qui redonne de l’espoir pour ces populations d’orangs-outans.

Mais la déforestation a encore bien d’autres effets…
Elle influence également le climat, qui est au coeur d’un autre l’objectif de développement durable – le n° 13 – ainsi que de l’Accord de Paris. Puisque, il est clair : la forêts combat la dégradation des sols et réduit la vapeur d’eau – un gaz à effet de serre plus puissant que le CO2 – au profit de la formation de nuages.
C’est ainsi que la déforestation massive, autour de la capitale des îles de Vanuatu, a eu des effets amplificateurs sur le bilan du cyclone qui s’est produit en 2015. En effet, comme nous le savons, les arbres captent le CO2, et limitent les gaz à effet de serre et le réchauffement climatique. Mais ils permettent également de retenir les eaux des pluies et protègent ainsi les zones habitées.

Différentes études ont démontré que la conversion illégale de forêts en terres agricoles aux fins d’exportation a continué de progresser à un rythme alarmant depuis le début du siècle ; on estime ainsi qu’entre 2000 et 2012, 49% de la déforestation totale est due à la conversion illégale de forêts en terre agricole.

Aujourd’hui, puisque nous célébrons la mise en œuvre de l’Accord de Partenariat Volontaire (APV) avec l’Indonésie, c’est avec une curiosité naturelle que j’ai cherché quelques chiffres en lien direct avec ce pays. J’ai découvert que l’archipel avait détrôné le Brésil en tant que premier coupeur d’arbres de la planète. La forêt primaire y disparaît deux fois plus vite qu’en Amazonie. Quelque 0,84 million d’hectares par an disparaissent chaque année selon une étude parue dans Nature Climate Change le 29 juin 2014. Ce que représente le double du chiffre de la déforestation brésilienne.

Je voudrais donc saluer ici l’effort des autorités indonésiennes, qui, non seulement, se sont engagées pour un Accord Volontaire pour le bois, mais qui, par ailleurs, sont également actives dans le développement d’une huile de palme plus durable. En effet, la culture de palmier à huile, et l’industrie de l’agroalimentaire en général, comme je viens de le dire, a dégradé des millions d’hectares de forêts naturelles et les écosystèmes qui y sont associés.

L’évaluation par l’Europe de l’application du Règlement Bois au sein des Etats membres a mis en évidence des points d’attention, qui sont bien connus et auxquels je suis en train de répondre. Cette évaluation a également mis en lumière que les citoyens européens sont d’ores et déjà plus sensibles à cette problématique et que les pays producteurs ont été incités à mettre en œuvre des politiques visant à l’application de ce Règlement. Ceci est donc l’occasion une nouvelle fois pour moi de féliciter les autorités indonésiennes, représentées par Son Excellence Monsieur Yuri O. Thamrin, qui ont fait de l’Indonésie le premier pays producteur de bois à avoir conclu avec l’Union Européenne un Accord de Partenariat Volontaire dans le cadre de la mise en œuvre du plan d’action FLEGT.

Je profite également de la présence de Monsieur Daniel Calleja Crespo, Directeur général de l’environnement de la Commission européenne, pour rappeler la position belge :
– Etendre le champ d’application du Règlement Bois afin de couvrir l’intégralité des produits dérivés du bois et d’éviter ainsi les fraudes et les distorsions de concurrence ;
– Avoir une procédure plus rapide et plus simple dans l’octroi de l’agréation à une organisation de contrôle (article 8 du Règlement Bois) ;
– Soutenir l’examen de la demande de certains pays exportateurs situés dans une même région géographique, visant à pouvoir se regrouper pour négocier ensemble les Accords de Partenariat Volontaire avec la Commission européenne et à financer ensemble des organismes internationaux de contrôle ;
– Développer une meilleure traçabilité du bois et des produits dérivés du bois et d’une meilleure information du consommateur en adoptant des règles relatives à l’étiquetage du bois et des produits dérivés du bois.

Bien entendu, la Belgique continuera à coopérer pleinement avec la Commission européenne et contribuera, le cas échéant, à la guidance appropriée sur l’application de la réglementation européenne. De même, elle continuera à coopérer de manière systématique avec les autorités compétentes des autres États membres de l’Union européenne afin de veiller à une application efficace et cohérente du Règlement Bois et permettre l’échange régulier d’informations et de bonnes pratiques.
Last but not least, je voudrais remercier l’entreprise Altripan qui nous accueille aujourd’hui. Cette société travaille depuis de nombreuses années dans le cadre du Règlement Bois. Elle va même au-delà car tous les produits qu’elle propose sont certifiés par FSC ou PEFC. Ceci contribue incontestablement à notre demande, ainsi que celle des consommateurs, d’une traçabilité des produits et d’une protection de l’environnement.
Je me réjouis de découvrir cette entreprise !
Merci à vous.