L'économie circulaire, c'est quoi au juste ?

11 Mai 2017

L’économie circulaire est un système économique et industriel qui vise à maintenir les biens de production (les produits manufacturés, composants et matériaux) en circulation le plus longtemps possible, tout en veillant à leur utilisation optimale.

Pour résumer, il est question de dépasser la structure « linéaire » la production actuelle du « Extrait – transformé – utilisé – jeté », pour un modèle où chaque bien qui arrive au terme de son cycle de vie est réutilisé et valorisé, au lieu de finir en déchet.

L’économie circulaire, c’est donc du recyclage ?

L’économie circulaire est un modèle dont l’un des objectifs est en effet le recyclage des matériaux, mais pas uniquement !

Selon l’échelle de Lansink, d’autres décisions peuvent être prises en amont pour nous permettre de gérer au mieux nos ressources : le modèle de l’économie circulaire possède en effet un large éventail de solutions, chacune d’entre-elles étant cumulable pour une application intelligente du modèle.

De quelles solutions parle-t-on concrètement ?

1. Le recyclage: il s’agit de l’ensemble des techniques de transformation des déchets visant à réintroduire tout ou une partie de ceux-ci dans un cycle de production, le dépôt de verre usagés dans les bulles à verre est l’un des exemples les plus courant.

2. La réutilisation: elle permet d’utiliser nos produits plus longtemps via divers moyens tels que ;

Le réemploi de produit pour le même usage que celui pourquoi il a été conçu, comme les bouteilles consignées que nous rapportons au magasin. Le réemploi permet également, par le don ou la vente d’occasion, d’employer au maximum un produit. Pour cela, rien de tel que de tabler sur le bon entretien pour en prolonger l’usage et assurer ainsi une utilisation possible en seconde main. Pour faciliter le réemploi, il est également nécessaire de choisir un produit robuste, comme une tasse en porcelaine plutôt qu’un gobelet en plastique ou en carton

La modularité: elle permet de réemployer un produit considéré en « fin de vie » à un autre usage que celui qui lui était destiné lors de sa production. C’est le cas lorsque nous réutilisons le pot de moutarde en verre pour y mettre des épices de cuisine.

La réparation: elle consiste à prolonger l’usage d’un produit en le réparant. Un objet réparé peut aussi être destiné à un autre usage. À vos outils !

La réutilisation des composants: il s’agit de démonter les objets et les pièces en état de fonctionnement des produits pour les trier, les revendre et leur donner une nouvelle vie, comme lors de la reprise des pièces détachées d’une voiture accidentée.

3. La prévention: c’est LA solution à prendre pour stopper notre surconsommation. Pour y remédier, il  faut d’abord penser à acheter, à utiliser nos biens en étant conscient de leur impact sur l’environnement. Mais d’autres solutions préventives existent :

4. L’économie de la fonctionnalité: elle a pour objectif de privilégier l’usage à la possession, et tend ainsi à vendre des services liés aux produits plutôt que les produits eux-mêmes. Le prix moyen d’une foreuse professionnelle avoisine par exemple les 250 euros, alors qu’une location journalière vous en coûtera 10 fois moins ! En louant les biens dont on va moins se servir, il devient de fait possible de consommer de manière efficace en ne payant que pour un service spécifique. Cette solution permet également de responsabiliser producteurs et consommateurs. C’est aussi le choix qu’à fait une société de location de vêtements pour jeunes enfant qui permet, après quelques raccommodages, de porter ces vêtements presque à l’infini.

Les industriels ont également des moyens d’action en termes de prévention, notamment grâce à l’écoconception et la symbiose industrielle :

5. L’écoconception: Il s’agit de concevoir un produit, un bien ou un service, en prenant en compte ses effets négatifs sur l’environnement tout au long de son cycle de vie. Il faut pour cela s’efforcer de préserver ses qualités et/ou ses performances. Cela passe,  par exemple,  par un produit dont la durée de vie est plus longue car il est plus robuste et réparable facilement. En vue de faciliter la réparabilité,  les sociétés Tefal et Moulinex ont à cet effet choisi  un assemblage par vis et non plus par colle.

6. La symbiose industrielle:  Elle se caractérise par l’échange de flux, où  les « résidus » d’une entreprise donnée sont réutilisés et revalorisés pour une autre production industrielle.C’est notamment le cas d’une société bruxelloise qui cultive des champignons sur du marcs de café collectés dans les cafés environnants.La symbiose industrielle peut aussi concerner la mutualisation des biens et services, qui sont partagées entre plusieurs entreprises. A ce sujet, la zone d’activités économiques de Tertre a installé une station d’épuration, dont bénéficient les  entreprises implantées.