Le trafic d’espèces protégées en Belgique : chiffres et perspectives

24 Juil 2017

Ce lundi matin, la Ministre de l’Environnement, Marie Christine Marghem a présenté devant la presse les résultats de ses services en matière d’inspections CITES[1] et présenter les actions à venir pour les espèces menacées d’extinction.

La présentation a eu lieu sur le site de Pairi Daiza qui héberge l’ASBL Carapace. Cette ASBL sert de refuge pour les reptiles, protégés par la CITES, qui sont saisis par les autorités.

La Ministre de l’Environnement a dans ses compétences la gestion de l’import/export/transit des espèces sous Convention de Washington (CITES). La CITES régule le commerce des espèces protégées. On estime que les revenus tirés de ce trafic par des groupes criminels organisés se situeraient entre 8 et 20 milliards d’euros par an, ce qui le place au même niveau que le trafic de drogue, d’êtres humains et d’armes.

 

En 2016, la cellule CITES du SPF Santé publique, Sécurité de la chaîne alimentaire et Environnement a délivré 993 permis d’importation, 4495 permis de (ré)exportation et ± 3450 certificats.

Les inspecteurs CITES ont réalisé 167 contrôles contre 237 en 2015, un contrôle sur deux a donné lieu à au moins un procès-verbal. En 2015 le montant moyen d’une amende était de 240€, en 2016 il était de 340€. Le total des amendes réclamées était de 29.646€ en 2015 et 22.835€ en 2016.

Les reptiles, les perroquets, les rapaces et l’ivoire totalisent à eux-seuls 74% des contrôles. Ce sont surtout des perruches et des tortues terrestres qui ont été saisis en 2016. Une importante saisie d’écailles de pangolin a eu lieu, la majeure partie a été détruite, un kilo a été préservé à des fins éducatives. Les animaux qui n’ont pas pu être restitués aux contrevenants ont été placés auprès de centres spécialisés ou de zoos.

 

La Ministre, dans sa volonté de renforcer les moyens de la lutte contre la criminalité environnementale, a renforcé l’équipe d’inspection de la DG Environnement. Sept inspecteurs contrôleront ces législations  à partir de septembre 2017 (alors qu’il y en avait 2.5 en 2015).

Une évaluation du trafic de viande de brousse CITES via l’aéroport de Zaventem est actuellement réalisée en collaboration avec l’AFSCA et les douanes. Les résultats sont prévus pour début 2019.

[1] La Convention CITES sur le commerce des espèces animales et végétales menacées a pour objectif de promouvoir le commerce durable et de prévenir le trafic des animaux et des plantes en danger. Cette convention internationale est en vigueur en Belgique depuis 1984