Communiqué Belga - La ministre Marghem déçue des attaques lancées par Greenpeace et le WWF

22 Nov 2017

La ministre de l’Environnement et du Développement durable Marie-Christine Marghem déplore les attaques de Greenpeace et du WWF sur le « laxisme » du gouvernement face aux importations de bois illégal alors qu’un budget pour intensifier les contrôles a déjà été débloqué

, indique mercredi son cabinet à Belga.

« La ministre a débloqué un budget pour engager sept nouveaux inspecteurs », réagit Bernard Van Hecke, porte-parole de la ministre. « Ces inspecteurs sont entrés en fonction au mois de septembre et ont été formés jusqu’en novembre. Ils sont donc à présent opérationnels. » Ils viendront ainsi renforcer l’équipe dévolue au contrôle des sociétés d’importation de bois du pays, qui se limitait jusqu’alors à un seul employé à mi-temps, selon Greenpeace. L’objectif est d’accroître le nombre d’inspections à 100 par an, précise en outre M. Van Hecke.

Le cabinet regrette d’autant plus les critiques des deux ONG que la ministre s’était réunie autour d’une table ronde avec Greenpeace et le WWF en 2015. Cette rencontre avait donné lieu à une charte qui visait à instaurer un meilleur partage d’informations au sujet des entreprises qui se livrent au commerce de bois illégal. « Greenpeace avait refusé de signer cette charte tant que du personnel n’était pas engagé. C’est chose faite », poursuit M. Van Hecke, qui précise que la charte est toujours sur la table.

La charte avait été rédigée sous forme d’accord volontaire non contraignant entre les autorités fédérales, les organisations environnementales et la fédération des entreprises importatrices de bois (Fedustria aujourd’hui). Elle visait à renforcer l’application du règlement européen (995/2010) en profitant de l’expérience de chacune des partie. Le gouvernement s’y engageait notamment à « écouter et à prendre en compte, dans la mesure du possible, les remarques des ONG ».

Marie-Christine Marghem déplore dès lors un « procès d’intention » de Greenpeace et du WWF. « Je suis scandalisée que ces ONG restent dans une logique de constatation au lieu de travailler avec nous », assène la ministre. Elle assure suivre le dossier de près depuis son entrée en fonction et s’être attelée à dégager le budget nécessaire pour satisfaire les revendications de Greenpeace en vue d’une collaboration.

La ministre se défend par ailleurs de tout « laxisme »: « Malgré le peu de personnel dont nous disposions, nous avions bloqué, en 2014, au port d’Anvers des containers de bois brésilien destinés à des importateurs belges. Cela montre que les contrôles étaient déjà ciblés. »

« Avec cette charte, l’idée était donc de collaborer avec Greenpeace et le WWF pour faciliter non seulement les contrôles mais aussi le ciblage », ajoute-t-elle.

Mme Marghem conteste en outre que la Belgique soit un « cancre de l’Europe » en matière de lutte contre l’exploitation clandestine des forêts. « On n’est pas dans une situation où l’on se fait taper sur les doigts. » Elle en veut pour preuve le document de travail de la Commission européenne datant de février 2016 et cite: « Dans la plupart des États membres, le règlement «Bois» a été mis en œuvre lentement. Si certains États membres ont progressé dans le respect des obligations imposées par ce règlement, la mise en œuvre reste insuffisante d’une manière générale, et quatre États membres ne respectent toujours pas totalemen t le règlement en question ».

Mme Marghem souligne que contrairement à la Hongrie, la Roumanie, la Grèce et l’Espagne, la Belgique ne fait pas partie de ces mauvais élèves.

« Nous faisons le nécessaire depuis belle lurette mais certains préfèrent parler dans la presse et répandre des informations incorrectes. Greenpeace et le WWF font semblant de ne pas être au courant de nos efforts alors qu’ils devraient se précipiter pour signer cette charte et ainsi apporter une aide plus efficace », conclut la ministre.

Greenpeace Belgique et le WWF avaient dénoncé le manque de contrôles et de sanctions vis-à-vis des entreprises belges importatrices de bois, qui pour certaines collaborent avec des sociétés responsables de massacres et de déforestation illégale au Brésil.