Dominée par les cinq tours de sa cathédrale, Tournai, ville paisible et bourgeoise, située au centre d'une région essentiellement agricole, a connu un passé prestigieux. C'est la plus vieille cité de Belgique avec Tongres.

Tour à tour romaine, franque, anglaise, française, autrichienne, elle fut un foyer d'art important. Malheureusement, elle a été ravagée par les bombardements de mai 1940 qui ont détruit la plupart de ses maisons anciennes.

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Un peu d'histoire...

Tournai est déjà une cité importante au temps des Romains. Au 3ème s. Saint Piat évangélise la ville qui passe au 5ème s. sous la domination des Francs Saliens. C'est le berceau de la dynastie mérovingienne : Childéric y meurt en 481 et son fils, Clovis, y est né en 465. Ce dernier fait de Tournai le siège d'un évêché. Mais la ville restera toujours un symbole pour la Couronne française, et la fleur de lys orne encore son blason.

Après avoir été ravagée par les Normands, Tournai est rattachée à la France par Philippe Auguste. De cette période fastueuse datent le beffroi, la cathédrale et la prospérité de la ville due au commerce de la laine et de la pierre.

Après plusieurs tentatives, les anglais, guidés par Henri VIII, prennent Tournai, puis c'est au tour de Charles Quint.

 

Suite aux troubles religieux qui agitaient l'époque, Christine de Lalaing défend héroïquement la cité face aux Espagnols, mais les combats la ruinent.

 

Louis XIV s'y intéresse, l'occupe, puis laisse les Autrichiens s'en emparer, mais le temps de la splendeur est révolu.

 

Louis XV conduira dans les environs l'inutile et victorieuse bataille de Fontenoy et, passé l'onde de la Révolution française, Tournai sera rattachée au Hainaut.

Au 18ème s., Tournai se signale par le renaissance de son industrie du cuivre et de la fabrication de la tapisserie. Sa manufacture de porcelaine, fondée en 1751 par François-Joseph Peterinck, connaît une vogue exceptionnelle. On y fabrique une porcelaine tendre aux riches coloris et aux décors les plus variés, où le style chinois intervient pour une large part. La manufacture disparaît en 1891

Durement touchée par les bombardements allemands de mai 1940, la ville sera courageusement reconstruite selon un certain nombre de plans d'origine.

Patrimoine, folklore et traditions

Utilisant la pierre de la région, au grain très fin et à la couleur mate gris bleuté virant au noir, les concepteurs de la cathédrale ont donné libre cours à leur imagination iconographique dans les trois portails trilobés dont le mieux conservé est la porte Mantille. L'esprit du Moyen Age roman triomphe dans ces sculptures presque sans relief, inquiétantes souvent et parfois énigmatiques, où les choses visibles sont le reflet d'un monde invisible. La nature y est observée mais pour servir de symbole.

Les églises paroissiales de Tournai font à la cathédrale une garde d'honneur : Saint-Piat, Saint-Brice, Saint-Quentin, Saint-Nicolas, Saint-Jacques.

 

Quelques maisons romanes et gothiques ont échappé aux bombardements de 1940, contrairement au pont des Trous. Quant au beffroi, souvent restauré et remanié, il pointe une tour érigée vers 1200 qui semble défier la cathédrale.


Le lundi qui suit l'Epiphanie est appelé par les Tournaisiens le lundi parjuré, parce que les rois mages ne revinrent pas chez Hérode, comme ils l'avaient promis. Ce jour-là se tient un marché où on ne vend que des lapins.

A Tournai pou bien faire cette fiète, affirme le dicton, l'ceu qui n'a pos d'lapin n'a rin !

Quant à la procession de la peste, elle sort chaque année, le dimanche dans l'octave de la Nativité de la Vierge. Elle fut instaurée par l'évêque Radbod pour conjurer le fléau qui ravageait la cité en 1032. Précédées de trompettes thébaines et de groupes choraux, les reliques et les châsses défilent par les rues noires de monde. Et le pire mécréant s'incline devant la châsse rutilante (1247) de saint Eleuthère...

Cette Peste de Tournai a fait l'objet d'un tableau célèbre du Tournaisien Louis Gallait. La toile est conservée au musée des Beaux-Arts qui compte parmi les plus riches du pays. On y peut admirer notamment trois Suvres parmi les plus significatives de Manet : Les canotiers, Argenteuil et Chez le père Lathuille.

 

 

 

Mis à jour (Mercredi, 03 Mars 2010 10:36)