Les Ministres Marghem, Borsus et De Block lancent un ‘Plan abeilles’ ambitieux

10 May 2017

La Ministre de l’Environnement Marie Christine Marghem et le Ministre de l’Agriculture Willy Borsus ont dévoilé ce mercredi les grandes lignes de leur ‘Plan fédéral abeilles’.

Le rôle clé des pollinisateurs pour la prospérité, la biodiversité et le bien-être des sociétés humaines n’est plus à démontrer aujourd’hui. Selon l’Inra[1], 35% de la production mondiale, en majorité des fruits, légumes et oléagineux, résultent d’une pollinisation par des insectes, et ce en grande majorité par les abeilles.

C’est pourquoi le Gouvernement fédéral se dote aujourd’hui d’un ‘Plan Abeilles’ ambitieux qui comprend un ensemble d’actions très concrètes pour tous les leviers d’actions du fédéral. Concrètement, le ‘Plan fédéral Abeilles 2017-2019’ résulte d’une étroite collaboration entre trois Ministres (Santé, Environnement et Agriculture), leurs administrations et le secteur.

Le Plan complet sera présenté aux secteurs concernés lors d’un colloque national le lundi 15 mai au Musée des sciences naturelles (Bruxelles). Les Ministres en ont toutefois déjà expliqué les éléments principaux ce mercredi.

 

Le plan fédéral Abeilles 2017-2019 comprend 8 volets :

1)         Améliorer la disponibilité des produits vétérinaires nécessaires aux soins apicoles et renforcer le rôle des vétérinaires dans la gestion de la santé des abeilles, à savoir :

– la mise en place d’une guidance vétérinaire abeilles pour les apiculteurs. Cette guidance concerne la  varroase, une des causes principales de la mortalité des abeilles. Pour les apiculteurs qui adhèreront à cette démarche volontaire avec les vétérinaires, un suivi et traitement adéquat personnalisé seront prodigués légalement aux colonies d’abeilles. Il s’agit d’une approche basée sur le pragmatisme, la confiance et la collaboration entre l’apiculteur et le vétérinaire de guidance apicole. Plus le nombre d’apiculteurs qui adhèrent à la démarche est important, plus le statut sanitaire des abeilles s’améliorera globalement à l’échelle de notre pays.

– la suppression de la redevance pour l’autorisation de mise sur le marché des médicaments vétérinaires apicoles, …

 

2)         Développer des outils pour améliorer la lutte contre les maladies apicoles : à côté de la guidance vétérinaire qui constituera un outil de lutte contre le varroa, d’autres projets de recherche ont été financés, dont les résultats doivent permettre une meilleure lutte contre les maladies apicoles, comme les projets Bee Best Check, Varresist, et autres.

 

3)         Établir un monitoring de la mortalité des abeilles domestiques et améliorer la compréhension des causes présumées de cette mortalité

L’AFSCA a mis en place, et ce depuis l’automne 2016, le programme de surveillance de la santé des abeilles , appelé « Healthy Bee », à la demande du Ministre Borsus. L’objectif principal du programme est de déterminer la mortalité des abeilles de manière objective et pluriannuelle. De plus, les liens possibles entre la mortalité des abeilles et les causes les plus fréquemment évoquées seront examinés. Sur base de l’information obtenue, les autorités pourront continuer à définir la politique sanitaire vis-à-vis des abeilles.

 

4)         Identifier, évaluer et gérer les risques liés aux produits phytopharmaceutiques

Il s’agit de développer une attention constante et renforcée envers les risques pour les pollinisateurs dans le cadre de l’évaluation des produits phytopharmaceutiques, dont notamment les néonicotinoïdes.

 

5)         Prévenir les risques liés à l’introduction d’espèces invasives ou aux échanges commerciaux d’abeilles

Le Plan prévoit des programmes de surveillance du petit coléoptère des ruches, des mesures de prévention et éradication du frelon asiatique (entre autres).

 

6)         Réviser la règlementation en matière de chardons

 

7)         Sensibiliser et encourager les gestes en faveur des pollinisateurs : développer des communications ciblées dans ce sens.

 

8)         Renforcer la concertation et la cohérence nationale, en  coordination avec les régions,

 

Il y a derrière ces huit volets quatre ambitions du Gouvernement :

 

– Aider les apiculteurs ;

– Mieux comprendre les racines du problème de la mortalité des abeilles ;

– Mieux maitriser les risques ;

– Mobiliser tous les acteurs concernés.

 

Pour réaliser ses ambitions, le Gouvernement fédéral unit ses forces au sein de la Task Force qui rassemble le SPF Santé publique, Sécurité de la chaîne alimentaire et Environnement, l’AFSCA et l’agence fédérale des médicaments et des produits de santé. Les différents leviers de l’Autorité fédérale – la santé animale, les normes de produits, l’utilisation durable de la biodiversité, la santé publique et la recherche scientifique associée à ces compétences  seront ainsi mobilisés.

 

Le Ministre de l’Agriculture Willy Borsus : « Je souhaite profiter de l’occasion pour remercier tous les acteurs qui ont travaillé pendant deux ans à ce Plan ambitieux qui me tient particulièrement à cœur. Certaines spécialités bien de chez nous ne seraient d’ailleurs plus disponibles sans l’intervention des abeilles. Pensons notamment aux fraises de Wépion, à notre miel, aux concombres, mais aussi aux nombreux vergers de pommes qui ne pourraient fructifier sans une pollinisation croisée. La bonne santé des abeilles est donc prioritaire pour moi. Elles contribuent à la richesse de nos cultures, ainsi qu’à la santé et au bien-être de l’homme. Ce plan s’adresse tout particulièrement aux 10.000 apiculteurs de Belgique afin que tous ensemble, nous puissions réduire la mortalité des abeilles. »

 

La Ministre de l’Environnement Marie Christine Marghem précise : « Sachez que  plus de 75 % des principales plantes cultivés et plus de 90% des plantes à fleurs sauvages dépendent des pollinisateurs.  Les abeilles sont les garantes de notre biodiversité. Fort de ce constat je m’engage activement dans la survie des abeilles, une survie qui engendre une question économique. C’est pourquoi j’ai demandé un budget particulier afin d’évaluer l’impact économique des pollinisateurs en Belgique.»

 

[1] L’Institut national de la recherche agronomique (France)