Discours de la Ministre Marie Christine Marghem à la Concertation francophone de haut niveau « Objectif 2030 » Lundi 28 septembre, 13h15-14h30

01 Oct 2015

Monsieur le Président,
Madame la Secrétaire général,
Mesdames et Messieurs,

Avant toute chose, je voudrais saluer l’initiative prise par l’Organisation internationale de la Francophonie d’avoir initié cette manifestation de haut niveau à l’occasion du Sommet post 2015 des nations Unies. Elle confirme l’engagement de l’OIF pour le développement durable. Et je ne peux que m’en réjouir en tant que ministre fédérale belge du développement durable.
Je me réjouis de la présence de Mme Pascale Delcomminette de la Fédération Wallonie Bruxelles à laquelle je céderai la parole parce qu’elle a des choses à dire.

Maintenant que l’agenda 2030 pour le développement durable a été approuvé par plus de 190  pays, nous devons tous nous demander quelles sont les meilleures voies à suivre pour implémenter les 17 objectifs qui ont été fixés, notamment dans l’espace francophone. Et comme vous le savez, ces objectifs sont très ambitieux puisqu’ils vont de la lutte contre la pauvreté  à la prise de de mesures urgentes pour lutter contre le réchauffement climatique ou encore à  l’avènement des sociétés pacifiques et ouvertes aux fins du développement durable.

À cet égard, je soutiens l’Appel des Jeunes francophones pour un avenir durable et solidaire.

Le défi est énorme et nous devons tous se montrer à la hauteur.  Profitons de la dynamique créée ici à New York grâce notamment au cri d’alarme du Pape François pour s’atteler à la tâche sans tarder. Si nous ne nous voulons pas nous retrouver en 2030 avec un constat d’échec, il est essentiel de réveiller les consciences de tous les citoyens qu’ils soient ouvriers, paysans, chefs d’entreprise, étudiants, homme ou femmes au foyer, et bien sûr décideurs politiques.

La communication a donc un rôle essentiel à jouer. Il faut une communication claire et créative, montrer que chacun peut apporter sa pierre à l’édifice, que derrière ces mots, il y a des actes responsables à poser au quotidien. L´Institut de la Francophonie pour le Développement  Durable (IFDD) a montré à cet égard  ses compétences à diffuser une information de qualité sur le développement durable et le changement climatique. Et je ne peux que l’encourager à continuer à le faire.

La dernière publication de l’OIF qui nous a été distribuée avant cette Conférence fait référence à l’expertise disponible au sein de l’espace francophone, notamment celle de M. Jean Pascale van Ypersele notre candidat à la présidence du GIEC.

Toutes les initiatives qui permettent de toucher un large public telles que l’exposition de photographies « femmes au cœur du développement durable, une vision d’avenir » doivent pouvoir constituer des sources d’inspiration. Peut-être la Belgique aura-t-elle le plaisir d’accueillir cette exposition qui rend hommage à la solidarité, à la force et au partage et qui suscite la réflexion sur l’être humain  comme acteur de changement.

Je voudrais souligner le rôle de l’OIF dans la promotion de la transversalité de l’Agenda 2030 pour les politiques sectorielles entre autres via des stratégies de développement durable. La Belgique a d’ailleurs déjà participé par le passé à de nombreuses missions de l’IFDD concernant ces stratégies. Je voudrais aussi souligner que la Belgique a fixé, en 2013, une vision stratégique à long terme de développement durable qui contient 55 objectifs. Et beaucoup de ces objectifs rejoignent ceux de l’agenda Post2015. Pour les mettre en œuvre, un plan fédéral sera prochainement soumis au gouvernement après consultation des parties prenantes.

L’OIF a aussi un rôle à jouer au niveau des objectifs spécifiques de l’agenda 2030. Je voudrais en citer trois qui me tiennent particulièrement à cœur: la paix et la démocratie  qui doivent se trouver en tête de nos priorités  en ces temps de guerre et de flux migratoires – ainsi que la place de la femme dans la société. Je pense que l’OIF est particulièrement bien placée pour soutenir la réalisation de ces objectifs dans ses États membres. Pour cela, il sera crucial de renforcer nos capacités concernant nos mécanismes de rapportage et de suivi de l’atteinte des objectifs. En Belgique, le Bureau fédéral du Plan prépare des indicateurs de développement durable.

À quelques semaines de la COP 21 à Paris qui, je l’espère vraiment, aboutira à un accord contraignant et ambitieux, je voudrais aussi rappeler toute l’importance qu’attache la Belgique aux différentes sources de financement climatique international. A cet égard, elle adopte une approche proactive en concentrant son aide au développement sur un nombre restreint de partenaires issus en grande partie de l’Afrique subsaharienne, lesquels  sont souvent membres de la Francophonie et reconnaît ainsi leurs besoins en termes d’adaptation aux changements climatiques.

Pour conclure, Mesdames, Messieurs, j’aimerais citer un court passage de la lettre encyclique « Laudato si » du Pape François : « le défi urgent de sauvegarder notre maison commune inclut la préoccupation d’unir toute la famille humaine dans la recherche d’un développement durable et intégral, car nous savons que les choses peuvent changer ». Inspirons nous de ce message optimiste.